30. juin, 2017

Histoire de la pêche (suite)

Dans un précédent article nous avions évoqué les plus anciennes traces connues de pêches de toute nature.

Nos lointains ancêtres pratiquaient la pêche comme la chasse et la cueillette à des fins de subsistance. Faute d'écrits nous ne savons pas si pour certains d'entre eux les notions d'agrément et de jeux se mêlaient déjà à des nécessités vitales.

En revanche on trouve dès l'antiquité, en particulier chez des auteurs du monde méditerranéen, Plutarque  "de l'intelligence des animaux", Elien "Personnalité des animaux" des descriptions qui ne laissent aucun doute sur la dimension ludique de certaines pratiques.

Cela fait donc plus de 20 siècles que les diverses formes de pêche cohabitent de façon plus ou moins sereine. Dans notre pays jamais avare de réglementation depuis la Royauté et la naissance de l'Etat central, les activités de pêche sont depuis longtemps codifiées.

Il est à noter que la pêche en eau douce a vu quasiment disparaître le monde professionnel, sauf dans quelques régions de pisciculture et que divers phénomènes, dont l'analyse sort du cadre de cet article, ont conduit également à une diminution du nombre de pêcheurs de loisirs.

Le milieu marin a connu une tout autre évolution : moins de professionnels, certes mais une explosion des tonnages prélevés sur l'ensemble de la planète et accroissement sensible de la pêche de loisirs en tout cas sur nos côtes. Que savons-nous depuis l'époque historique de la manière dont nos activités ont accompagné la croissance démographique, l'urbanisation, les pratiques sociales, les modes ?

Sauf grosse lacune dans notre information, il ne semble pas que la plupart des travaux consacrés depuis la parution en 1962 de l'ouvrage de référence de Joffre Dumazedier "Vers une civilisation du loisir" se soient beaucoup penchés sur la place de la pêche dans cet ensemble fourre-tout.

En revanche la volumineuse production - elle a commencé dans les années 50 - de guides techniques, méthodes, choix de matériel, références géographiques, a fort bien accompagné l'essor de la Société marchande.

Pour les réflexions de fond, nous sommes donc un peu démunis, et cela met davantage en évidence la qualité des ouvrages scientifiques du XVIIIe (Duhamel du Monceau, 1769 - Lacépède 1798) qui traitent des méthodes des professionnels ou des amateurs ou du remarquable ouvrage de Henri de la Blanchère "Nouveau dictionnaire général des pêches" (1868) qui est sans doute la somme la plus aboutie de tout ce que l'on pouvait savoir sur les techniques à cette époque.

Pour nos activités marines, la description des engins, des modes d'utilisation, des matériaux, sont d'une rare précision et souvent accompagnés de dessins très expressifs. Il en est de même de tout l'appareil scientifique qui accompagne toutes les espèces passées en revue, même si on peut s'en douter, une partie des informations fournies n'est plus totalement exacte aujourd'hui.

On ne saurait reprocher à  la Blanchère de n'être ni économiste, ni sociologue, l'époque en outre ne se prêtait sans doute pas à des considérations sur les conflits d'usage de l'espace, le poids socio-économique des activités, la réflexion sur l'organisation publique et privée du champ d'intervention.

Il reste en revanche, passionnant d'en savoir toujours un peu plus sur un passé qui sous-tend intensément ce que nous vivons aujourd'hui et ce que nous pouvons faire pour demain.