1. juil., 2017

Histoire de la pêche (suite et fin)

La pêche à la ligne

Le mot ligne offre en français une intéressante "polysémie". Ce terme de grammairien signifie qu'un vocable possède une série de sens qui peuvent appartenir aux domaines les plus divers.

Une chose est sûre en revanche c'est que l'étymologie renvoie d'abord à la définition qui motive notre propos. La racine latine est celle du lin, donc le premier sens de la ligne est bien celui d'un fil. Nous allons essayer de ne pas le perdre.

Les historiens de la pêche s'accordent à reconnaître que l'homme a d'abord inventé l'hameçon (de bois, d'os, d'arrêtes de poissons, voire de pierre, enfin de métal) puis la ligne. La canne n'est arrivée que plus tard.

Comme pour l'hameçon les matériaux n'ont pas cessé d'évoluer pour la constitution de la ligne : fibres végétales, crins d'animaux, fils métalliques, puis matières synthétiques, sans cesse affinées et perfectionnées. Il en est de même des cannes.

Dans le cadre de cet article on n'entrera pas en détail dans l'histoire du matériel de pêche mais nous pourrons y revenir.

Pour l'heure nous allons nous intéresser aux divers modes de pêche à la ligne.

Même si l'on n'est pas spécialiste, on se rend vite compte de la multiplicité des pratiques : du bord, en bateau, à la main, à la canne, à poste fixe ou en se déplaçant, à fond, en surface, à l'appât naturel ou aux leurres... Ce n'est pas un hasard si les ouvrages spécialisés comptent des centaines de pages.

Plus modestement, restons en aux éléments de base. Une ligne se compose d'un hameçon, d'un fil, d'un lest (ou pas) d'un flotteur (ou pas). Les appâts naturels et les leurres, leur choix, leur efficacité, sont des aspects déterminants de l'action du pêcheur.

Sans doute la plus ancienne, la pêche à la ligne à main a tendance à se réduire bien que certains amateurs restent attachés à leur palangrotte ou au fin contact d'une margatte sur une turlutte sentie au bout du doigt.

Les gens de ma génération ont connu des pêcheurs à la ligne à main, on n'en voit plus guère aujourd'hui. Cela tient du progrès du matériel en particulier des cannes, des moulinets, des lignes, à l'inventivité des concepteurs de leurres. Mais ce qui fait la richesse de la pêche à la ligne et sa place passionnante dans notre histoire, c'est l'interprétation d'actes immémoriaux (la recherche des appâts, la dérive, le poids des lests, la connaissance des tenues du poisson...) et l'usage des produits les plus récents des sciences et des techniques.

Lancer ramené, pêche au leurre manié, au bouchon dérivant, pêche à soutenir, traîne, mitraillette, sont dans notre secteur les pratiques les plus courantes.

Dans bien des cas, les formes de pêche sont enracinées parce qu'elles étaient efficaces. Il arrive que des méthodes venues d'ailleurs se révèlent également prometteuses.

Une des plus vieilles activités de l'espèce humaine n'échappe pas à l'évolution de notre planète.

Ce mélange des plus anciennes traditions et de continuelles nouveautés est également présent dans un vocabulaire qui, entre termes sociaux, noms scientifiques, langue internationale peut parfois dérouter le néophyte. Ne craignez pas de questionner autour de vous, le pêcheur reste parfois secret sur ses "coins" de pêche mais rarement avare de mots pour parler de sa passion.